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 Le mal dont tu te languis {Felipe}

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take what is ours
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MessageSujet: Le mal dont tu te languis {Felipe}   Mar 16 Jan - 20:01

Le soleil n’est plus qu’une lueur à l’horizon, baignant le ciel d’un camaïeu d’orange et de rose. La silhouette imposante, bien que, plus fine que d’autres, de Flint, se dessine dans les rues de Blackraider Bay, alors qu’à cette heure, ne demeure plus qu’une vérité pour lui. Plus qu’un but, qu’il rejoint tranquillement, la main sur le pommeau de son sabre, par pur réflexe martial. Le passé militaire, la jeunesse exigeante et plus largement, l’expérience d’un bretteur aguerri. Il observe autour de lui, juge d’un regard, tandis qu’entouré de deux de ses hommes, il chemine sans mal au milieu des bâtiments qu’il a vu se construire. Dans cette ville qu’il a bâtie, avec d’autres. Là où son nom est synonyme de pouvoir, de puissance et de richesse, mais aussi de convoitises. Nul ne peut ignorer la rousseur de sa barbe ou le châtain cuivré de ses cheveux en bataille, fouettés par l’air marin et les nombreuses heures sur le pont, à superviser les arrivées de marchandises, tout en jugeant de leur qualité. L’homme est impossible à éviter, pour quiconque cherche à s’enrichir ici, en vendant butin et recel.
Nombreux sont ceux qui suivent du regard sa démarche, vêtu de sa longue veste sombre, tannée par le soleil, abîmée par les épreuves, dont les boutons dorés ne sont plus aussi reluisants qu’à une époque. Mais cette veste là, il s’y est attaché. Celle là même, sur son dos, alors qu’il a posé son premier pied ici. Sur ce sable blanc, prêt à embrasser un nouveau destin. Celle avec laquelle il a retrouvé Felipe, s’il se veut un brin sentimental. Mais Flint n’a jamais accordé une grande importance à sa vêture. Malgré le fait qu’il a largement les moyens de faire un effort. D’arborer un paraître élégant comme son compagnon de vie. Mais la plupart du temps, il préfère afficher une attitude plus proche de celle des pirates, en ayant encore l’âme et l’esprit. Homme d’affaires certes, mais son passé de pirate ne le quittera jamais pleinement, même s’il ne remonte sur un navire qu’en quelques occasions. Il ne peut s’éloigner décemment, bien longtemps, de son fief.

Tournant finalement au coin d’une rue, le voilà qui parvient à sa destination. Le bâtiment abritant le bordel de Felipe a sans nul doute du cachet. Un quelque chose qui impose, qui attire le regard. Des teintes chaudes et une végétation exotique, fleuri. Pour sur un lieu agréable, où déjà, l’agitation se fait entendre. Nombreux sont les hommes et femmes qui s’échouent par ici en quête de plaisir, d’ivresse et de caresses. Flint en connaît beaucoup, et beaucoup le connaissent. Certains le saluent, plus ou moins ivres, plus ou moins respectueux. Il leur accorde un signe de tête, parfois une étreinte, un salut plus chaleureux, l’ombre d’un sourire. Il trinque, à un verre fraichement tendu, avant de se soustraire à ses « obligations » pour enfin gagner ses quartiers. Le dernier étage du bâtiment, lui appartenant. Leur demeure, à Felipe et lui même. La soirée va être encore longue, la nuit pleine de luxure et de plaisir, pour tous ceux fréquentant le lieu de débauche si bien entretenu. Mais Flint ne compte pas s’y mêler. Parce que lorsque la journée se termine, sa journée, qui peut parfois ne pas correspondre à des horaires classiques, suivant la lumière du jour, il a plaisir de gagner son castel, dominant la ville, pour rejoindre celui partageant sa vie. Un plaisir coupable, une affection palpable. Loin de l’agitation qu’il côtoie au quotidien. Parfois, il s’oubli, en bas, avec la clientèle, Felipe errant à ses côtés avec aisance, tel le maître des lieux qu’il est. Tantôt assis sur ses cuisses, tantôt en grande discussion avec d’autres. D’autres fois, à boire avec de vieilles connaissances. Personne ne les juge. Tous savent qu’ici, ils règnent en maîtres et que le premier osant la réflexion, en répondra de son sang, de sa réputation. Flint s’est querellé, plusieurs fois, à ce propos. Son épée a parfois tranché des gorges, éviscéré un belliqueux. Il suffit d’un avertissement sanglant de sa part pour calmer les éventuels audacieux.

Evitant le peuple en ébullition, le voilà qui gagne enfin les escaliers, les montant non sans un certain empressement, ayant laissé ses hommes profiter des plaisirs du bordel pour en surveiller la populace. Arrivant finalement devant la porte du logement qu’il occupe avec Felipe, il est arrêté en plein mouvement, main sur la poignée, entendant, malgré le bruit ambiant, plus bas, des bruits de fracas. Des grognements de rage. Fronçant les sourcils, le voilà qui s’empresse de pénétrer dans la pièce principale, un vaste salon richement meublé, pour en découvrir le désastre. Des tableaux tombés des murs, des meubles retournés, des décorations brisées. Pris d’un bref élan de panique, quant à la possibilité que Felipe soit en fâcheuse compagnie, le voilà qui s’élance, dégainant son pistolet, en direction de la chambre dont il entend les mêmes bruits. C’est là qu’il le découvre, seul, soulevé par une violente colère. Retournant littéralement toute leur tanière. Rangeant son arme, Flint s’élance vers lui. « Felipe ! » Hurle-t-il alors que l’homme semble aveuglé par sa propre rage. « Arrête-toi ! » Mais là encore, son amant reste sourd à ses appels. Alors Flint s’approche encore, vient saisir l’homme dans son dos, l’entourant de ses bras. Sans rien dire de plus, il le serre, fort. Peut être trop. Mais Felipe est lui aussi, un combattant. Plus sournois, plus fourbe, plus vil. Plus sinueux que la violence abrupte de Flint, qui enfouit son visage dans son cou et lui murmure de se calmer. Le brun se libère de sa poigne et lui fait face, toujours habité d’une certaine rage, alors que Flint le pousse en arrière, sur le lit dont il a éventré les draps, pour grimper sur sa silhouette, à quatre pattes, sa chaîne d’or pendant de son cou. Il lui bloque les poignées au niveau de son visage et le regarde, pestant entre ses dents. « Arrête de détruire notre putain de maison ! Veux-tu ?! » Soutient-il du regard. « Et dis moi plutôt ce qu’il se passe »
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never shall we die
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MessageSujet: Re: Le mal dont tu te languis {Felipe}   Sam 20 Jan - 15:45

Le mal dont tu te languis.




Sourire en coin. Il observe l'homme quitter le bordel encore fort vide à cette heure de l'après-midi. Un œil glissé sur la petite bourse en cuir qu'il tient dans la main. Satisfait Felipe, satisfait. Le travail de ses petits rats a été récompensés. Il a obtenu ce que l'homme qui vient de grassement le payer voulait. Un petit signe de la tête soudain accompagné d'un petit sifflement en direction des enfants qui se tiennent un peu plus loin dans l'encadrement de la porte qui donne sur la cour derrière l'établissement, la même cour où trône la dépendance dans laquelle les enfants vivent. Ils rappliquent aussitôt et se postent devant l'homme qui leur sert à la fois de patron, de protecteur et de père adoptif. Et l'homme ouvre la bourse fort bien remplie avant de les inciter d'un geste de l'index à tendre leurs mains. Ce qu'ils font. Felipe glisse alors dans les petites paumes suffisamment de pièces pour faire naître de larges sourires sur les visages des enfants. De l'argent mérité. Certains diraient sans doute que c'est trop puisqu'il subsiste déjà à leurs besoins mais tout travail mérite une récompense et elle est méritée celle-ci. Véritablement méritée. Quartier libre après cela : ils peuvent aller où bon leur semble tant qu'ils sont rentrés avant la tombée de la nuit. Pas forcément pour laisser traîner leurs oreilles, simplement pour profiter un peu de leur existence d'enfant. Tout simplement. Certes, dans un endroit pareil ce n'est pas toujours simple mais il lui semble, à Felipe, qu'ils sont heureux. Et quand il fait part de ses doutes à l'homme qui occupe et ses draps, et se pensées, et son cœur, il le rassure toujours. Toujours. D'un œil bienveillant, il regarde les enfant partir en courant et le sourire qui apparaît sur ses lèvres est bien différent de celui qu'il affichait quelques instants auparavant. Davantage teinté de... Cette fibre paternelle qu'il s'est découvert en fait. Un moment passe et Felipe se redresse pour retourner dans ses appartements, afin de ranger l'argent dans le coffre. Il garde ceci dit quelques pièces en poche puisqu'il a besoin de retourner acheter quelques herbes. Il a encore le temps avant que le bordel ne se remplisse. C'est qu'il aime être dans le coin lorsqu'il y a du monde.

La manie d'avoir un œil sur tout.

Il quitte donc le bordel, s'avance tranquillement, avec assurance comme à l'accoutumée, des regards s'arrêtant sur lui, cela aussi comme à l'accoutumée. Il ne s'en occupe guère, se contente d'avancer, sourire aux lèvres. Elle énerve cette nonchalance. Elle énerve et il en a conscience. Il en joue sans aucun doute Felipe. Il en joue. Il est cependant soudainement arrêté par une voix qui l'interpelle. Un des enfants. Alors il se retourne, perd son sourire quand il voit l'expression horrifiée sur le visage de l'enfant. Un « que se passe-t-il » est soufflé, demandé mais l'enfant est incapable de parler à travers ses larmes. Il n'est capable que d'une seule chose : tirer sur la manche au rouge flamboyant de la tunique de Felipe pour le forcer à le suivre, ce que l'homme fait sans attendre. L'enfant va vite, Felipe accélère le pas. Jusqu'à ce que l'enfant tourne au coin d'une ruelle. Jusqu'à ce qu'ils se retrouvent derrière une bâtisse trop peu entretenue mais si d'ordinaire Felipe s'arrêterait sur le mauvais état des lieux, il en est tout autrement en cet instant. Parce que son regard se pose sur le corps qui gît au sol.

« Annabelle... » qu'il souffle alors qu'il s'approche doucement, le cœur battant. Il l'a reconnue. Bien sûr qu'il l'a reconnue. Une de ses filles. Une des plus jeunes et plus jolies par ailleurs puisqu'elle n'a que dix-neuf ans. Avait. Elle est morte. Les genoux de Felipe tombent dans le sol poussiéreux près du corps sans vie. « Ne reste pas là. » qu'il ordonne à l'enfant, tant parce qu'il refuse qu'il en voit davantage que parce qu'il a besoin d'aide. « Va trouver William. Dis-lui où je me trouve. Dis-lui ce qu'il se passe. Maintenant ! » Le ton est sec mais c'est nécessaire sinon l'enfant ne bougera pas. Il bouge donc et Felipe reste là, près du corps. La main glisse près de la gorge où les marques sont nettes : elle a été étranglée. Il en mal Felipe. Très mal. Culpabilité soudaine et lancinante de n'avoir pas été capable de la protéger. C'est que ça le ramène en arrière, à d'anciens moments qu'il voudrait oublier et qui sont portant marqués au fer rouge et dans son esprit et dans son cœur. Et c'est bien à cause de ces moments-là que la colère s'associe rapidement à la culpabilité : qui ? Serait-ce l'oeuvre de son père ? Il en doute car le message a été clair et il serait fou d'oser défier son fils. Alors qui ? Un client contrarié qui aurait attendu qu'elle soit à l'extérieur pour s'en prendre à elle ? Avait-elle un homme qui la courtisait et qui est devenu fou ? Qui ? Pourquoi ? La question reste là où elle est alors qu'il est rejoint par William, l'homme qui se charge de veiller au grain dans le bordel. L'homme en qui Felipe a toute confiance. L'homme avec lequel il creuse la tombe d'Annabelle. Pas de famille. Sa famille c'était le bordel, les filles, Felipe. Le ciel s'obscurcit, il est temps de retourner au bordel. La décision est prise de garder secret ce qui arrivé à Annabelle jusqu'au lendemain matin car il ne peut décemment pas l'annoncer maintenant alors que le Belladonna doit déjà être en train de se remplir. Et ce n'est rien de le dire. Lorsque Felipe et William sont de retour, il y a déjà beaucoup de monde. Il passe voir les enfants, s'assure que celui qui a trouvé le corps d'Annabelle se remet et ce n'est qu'ensuite qu'il pénètre à l'intérieur du Belladona. Felipe grimpe rapidement jusqu'à ses appartements sans saluer personne, ce qui n'est clairement pas dans ses habitudes. Il est cependant à la fois trop peiné et trop en colère pour s'adonner à cet exercice. D'ailleurs, la colère est telle que lorsqu'il se retrouve seul, il explose. Littéralement. Impossible pour lui de s'arrêter. Besoin de passer ses nerfs sur tout ce qui se trouve à sa portée : les vases sont fracassés, les draps déchirés par sa dague, des objets pourtant onéreux détruits, les tableaux arrachés aux murs. Il ne supporte pas, Felipe, qu'on ait pris la vie d'une de ses filles. Alors il poursuit, ne s'arrête pas et ce, même quand une voix familière se fait entendre. Même quand il n'est plus seul. Peu importe que Flint soit là.

Peu importe. Cela ne change rien.

Alors il attrape une chaise et l'envoie se fracasser contre le mur. Puis soudain les bras qui se referment autour de Felipe qui est ainsi arrêté dans son élan de rage. Pourtant ça bouillonne toujours à l'intérieur, à tel point qu'il reste sourd aux mots, aux gestes. Il reste sourd. Totalement sourd. Et il profite d'un geste plus tendre et d'une poigne moins ferme pour se défaire de l'emprise de son homme, pour lui faire face. Regard brûlant de regard qu'il pose dans celui de son amant et amour. Amour qui le pousse sans retenue en arrière jusqu'à le faire tomber sur le lit. Et il est finalement maîtrisé Felipe. Toujours empreint de rage au point d'essayer de se défaire de l'emprise de Flint mais il n'y parvient pas. Les regards se figent alors que Flint maîtrise totalement le corps de Felipe qui ne peut plus bouger. Et quand il lui demande d'arrêter et de lui dire ce qu'il se passe, le seul son qui sort de la gorge de Felipe est un cri de rage. Un cri de rage qu'il vient finalement faire taire en plongeant son visage dans le cou de Flint. Et ça hurle encore, encore. Là, contre la peau de Flint. Et puis le cri se meurt finalement. Plus rien. Juste le bruit qui vient des étages inférieurs. Le souffle de Felipe se calme, son corps se détend assez pour que Flint relâche sa poigne. Et ce prénom prononcé. « Annabelle... » Un murmure contre la peau puisque le visage est toujours enfoui dans le cou. « Elle a été assassinée. » Et ce n'est que là que le visage s'éloigne du cou pour se laisser tomber sur les draps. Le regard voilé plonge dans le regard azur de Flint. Regard voilé de colère sourde maintenant, de douleur aussi. « Étranglée. » qu'il ajoute plus bas encore.

Abattu.





(c) sweet.lips
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